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Art Genève, une foire à taille humaine

La quatorzième édition d’Art Genève vient de se terminer : 81 galeries de 27 pays, une foire de taille modeste si on la compare à Art Basel Bâle, Paris et Miami. Ce n’est pas un hasard si elle est définie comme un Salon d’Art. Grâce à un système de facilités, des galeries émergentes européennes parviennent à participer à un prix réduit, faisant ainsi leur première entrée dans la foire.

Comme nous l’avons souligné dans l’article sur le marché suisse de 2024, Genève a contribué avec 5% du chiffre d’affaires national. La Suisse détient le 2,2% du marché mondial de l’art. Avec Bâle, Genève s’affirme comme un hub pour les ventes aux enchères d’art contemporain et d’art asiatique, attirant des collectionneurs et des investisseurs du monde entier.

Née en 2012 comme créature de Thomas Hug — aujourd’hui fondateur de MAZE — maintenant aux commandes voit Charlotte Diwan, qui en consolide l’identité recueillie et curatoriale.

Le public d’Art Genève

Art Genève, 2026 | Photo par Thomas Annaheim Lambert
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Le retour du public est significatif : un total de 28.000 présences. On signale également le soin particulier des couloirs et des espaces communs grâce à la présence de Teo Jakob, galerie de design de Berne, qui contribue à renforcer la qualité visuelle de l’expérience de la foire.

Les prix et les acquisitions

Le MAMCO, avec In Course of Acquisition, explicite son processus d’acquisition muséale en cours en ajoutant dans son stand les œuvres achetées peu à peu aux galeries présentes. Dans son stand domine une œuvre qui rappelle Lucio Fontana et Enrico Castellani. Elle est du japonais Katsumi Nakai (1927–2013), artiste qui est entré en contact avec la Nouvelle École de Milan et est aujourd’hui représenté par Studio Gariboldi. Le 30° Prix Mobilière récompense quant à lui un jeune talent suisse. Il a été décerné à Cassidy Toner pour “son analyse ironique et critique du monde de l’art”. Intéressant, par rapport à d’autres foires, le rôle joué par les institutions comme
FCAC Fonds cantonal d’art contemporain Genève (300.000 francs chaque année pour l’acquisition d’œuvres d’art). Le FMAC est quant à elle la collection de la « ville » et expose à la foire les new entries de 2025 (400.000 francs de budget annuel).

Tendances d’Art Genève: Neo-Geo et peinture

Art Genève, 2026 | Photo par Julien Gremaud

Parmi les stands, on ressent clairement la présence de deux figures iconiques de la scène genevoise. Nous parlons de John Armleder (1948) — exposé à la fois au MAMCO et au Musée d’art et d’histoire — et de Sylvie Fleury (1961). Cette dernière joue avec les stéréotypes liés au genre et avec une géométrie seulement apparemment rigide. Ces artistes marquent un retour d’intérêt pour le Neo-Geo, accompagné d’une prédilection pour la peinture et pour les œuvres bidimensionnelles.

Artistes noirs et marché

Grande attenzione est portée aux œuvres de black artists. Galerie 38 de Marrakech présente une tapisserie bleue à couper le souffle de Barthélémy Toguo (260.000 euros). Gowen expose Roméo Mivekannin (Bénin, 1986), avec des réinterprétations sur velours de chefs-d’œuvre occidentaux — comme Louise Albertine de Haussonville, 1845, de Ingres — dans lesquelles il remplace le visage du protagoniste par son propre autoportrait. Un phénomène très genevois est Omar Ba, présent sur le stand de Wilde. Il est arrivé en ville il y a environ dix ans, présenté par un artiste sénégalais plus connu : Ousmane Dia. Ses prix ont grimpé de quelques centaines à 100.000 francs. Il se confronte au mélange entre la culture d’origine et celle européenne. Étant également décoratif, il a beaucoup de potentiel commercial, en effet, il a été inclus dans l’écurie de Templon. Un cas qui confirme le marché de l’art contemporain africain est la galerie parisienne MAGNIN-A.

Les galeries blue chip

PAIX photo Giorgia Basili

Parmi les présences les plus établies se distingue Pace Gallery, invitée à créer une installation immersive de Michal Rovner (les valeurs des œuvres plus petites vont de 175.000 à 100.000 euros). Chez Templon, Anne-Claudie Coric souligne l’affluence constante et les ventes rapides. Richard Saltoun vend des œuvres de Flaminia Veronesi sur papier et en céramique, entre 2.800 et 3.500 euros. Greta Schödl, toujours chez Saltoun, a des prix qui couvrent une gamme de 3.000 à 20.000 euros. Mais le stand présente aussi des œuvres de Gino Marotta.
Il ne manque pas de galeries solides comme Tornabuoni, Galleria Enrico Astuni, Hauser & Wirth.
Le Minotaure, galerie avec des artistes historiques de Paris, propose un focus sur des gouaches et crayon de couleur de Jules Pascin (certaines vendues). On remarque un beau bronze de Alexander Archipenko Torse Hollywoodien (version B), 1936-1958.

Galeries en croissance

Art Genève, 2026 | Photo par Thomas Annaheim Lambert

Parmi les galeries en croissance, on signale Lara Sedbon (Marais), qui présente un solo du peintre figuratif Adrien Belgrand (Paris, 1997), vendant trois peintures (3.000 – 8.000 euros). Le Filles du Calvaire propose un duo show avec les sculptures de Kate McGwire et les œuvres de Clara Rivault, sous les 20.000 francs. Chez Sébastien Bertrand, les portraits rapprochés de Sang Woo Kim sont tous vendus, avec des collectionneurs en liste d’attente.

Nouveautés pour Genève, Le Plaza

Plaza, enseigne horizontale supercalifragili, Christian Robert Tissot©NicolasLieber

Grande attente pour la prochaine ouverture de Le Plaza. Ce sera un centre dédié au cinéma qui ouvrira à Genève au début de 2027. Il inclura un cinéma, des espaces d’exposition, une librairie, une salle immersive à 360°, un bar, un restaurant. De plus, il ne manquera pas un cinéma-hôtel : chacune des 17 chambres sera aménagée comme une mini salle de cinéma.

Sur la façade de l’édifice moderniste de l’après-guerre, protégé en tant que bien patrimonial, le néon vintage de l’enseigne propose des répliques de films, renouvelées tous les trois mois par l’artiste genevois Christian Robert-Tissot. Le complexe du Plaza appartient à une fondation créée à son tour par la fondation Wilsdorf, organisme de bienfaisance suisse privé fondé en 1945 par Hans Wilsdorf, le créateur de Rolex. Depuis 1960, elle est l’unique propriétaire du groupe Rolex, réinvestissant les profits dans des buts philanthropiques, y compris l’éducation, la culture, le social et la protection des animaux, principalement dans le canton de Genève.

https://www.artgeneve.ch/en/home/

Du 29 janvier au premier février 2026
VIP preview 28 janvier 
Palexpo – Genève
Route François-Peyrot 30
1218 Le Grand-Saconnex

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