Une cour d’appel américaine a confirmé le jugement qui clôt définitivement la poursuite pour violation du droit d’auteur contre Jeff Koons, rejetant les revendications du sculpteur Michael Hayden sur la série iconique Made in Heaven. Une victoire légale nette pour l’artiste, mais aussi une leçon sur combien le temps — et l’attention médiatique — peuvent devenir des armes décisives dans une salle d’audience.
Points clés
- La cour d’appel des États-Unis a confirmé le jugement en faveur de Jeff Koons dans le litige de droit d’auteur sur la série Made in Heaven.
- Michael Hayden avait accusé Koons d’avoir utilisé sans permission une de ses sculptures de 1988 dans trois œuvres réalisées entre 1989 et 1990.
- Le juge Timothy Reif avait déjà établi que Hayden avait attendu trop longtemps pour intenter une action en justice, citant le délai de prescription.
- La cour a estimé que Hayden aurait dû découvrir la violation présumée bien plus tôt, étant donné la couverture médiatique énorme de la série depuis 1990.
- Le jugement d’appel clôt définitivement le litige légal qui a duré des années.
La cour d’appel des États-Unis confirme le jugement en faveur de Jeff Koons
La série Made in Heaven est l’une des plus controversées dans la carrière de Jeff Koons : sculptures, photographies et peintures basées sur des images explicites de l’artiste avec sa femme de l’époque, Ilona Staller, connue sous le nom de La Cicciolina. Lorsqu’elle a fait ses débuts à la Biennale de Venise en 1990, elle a déclenché une vague médiatique internationale. C’est précisément cette visibilité qui est devenue l’élément décisif au tribunal, des décennies plus tard.
Michael Hayden, designer de props, avait demandé une indemnisation en 2021, affirmant que trois œuvres de la série — réalisées entre 1989 et 1990 — incorporaient sa sculpture de 1988 sans autorisation. Dans son propre acte de poursuite, il avait reconnu que la série avait généré « une sensation médiatique » et avait contribué à « propulser Koons dans la stratosphère du monde de l’art ». Pourtant, il affirmait avoir découvert la violation présumée seulement en 2019.
Une contradiction que les juges n’ont pas ignorée.
Détails du litige de droit d’auteur sur Made in Heaven
Au cœur de la controverse se trouve une sculpture représentant un serpent gigantesque enroulé autour d’un rocher, réalisée par Hayden en 1988 sur commande de Staller, destinée à servir de plateforme pour des scènes de contenu explicite. L’œuvre a été vendue à la société de Staller, Diva Futura, mais Hayden a toujours soutenu qu’il n’avait pas cédé la titularité du droit d’auteur ni les droits de sous-licence à quiconque.
En 1989, Koons s’est souvent rendu en Italie pour être photographié avec Staller. Ces images sont devenues la matière première de toute la série. Hayden a contesté trois œuvres spécifiques : une lithographie de 1989 initialement commandée par le Whitney Museum of American Art et affichée comme panneau publicitaire au centre de New York, une sculpture en bois polychrome tridimensionnelle et une peinture à l’huile sur toile intitulée Jeff in the Position of Adam (1990). Selon sa plainte, Koons n’avait jamais demandé sa permission, ne l’avait jamais crédité et n’avait jamais payé de licence.
Procédures légales et la question du délai de prescription
Le nœud juridique ne concernait pas le fond de la violation, mais le temps. Le juge de district Timothy Reif avait déjà établi l’année dernière que Hayden avait attendu trop longtemps avant d’agir légalement. La cour d’appel a confirmé cette évaluation.
Le document publié mardi est explicite : « un titulaire de droit d’auteur raisonnablement diligent aurait dû découvrir la violation présumée« . La motivation repose sur le fait que Hayden vivait en Italie en 1990, lorsque la série a fait ses débuts à la Biennale de Venise, et qu’il consommait des médias italiens. La couverture a été très vaste et internationale.
La règle de découverte et ses limites
La soi-disant règle de découverte est un principe juridique qui fait courir le délai de prescription à partir du moment où la violation est découverte, et non à partir de quand elle se produit. En théorie, elle aurait pu jouer en faveur de Hayden. En pratique, la cour a établi que cette règle « ne permet pas aux plaignants d’ignorer la couverture médiatique internationale d’une œuvre d’art pour ensuite intenter une action en justice pour une violation présumée trente ans plus tard« .
C’est une précision qui compte. Cela signifie que l’ampleur de l’exposition publique d’une œuvre — expositions, articles, critiques, scandales — peut devenir un facteur déterminant pour évaluer quand un plaignant potentiel aurait raisonnablement dû agir. Plus une œuvre est visible, moins il y a de place pour prétendre ne jamais l’avoir remarquée.
Implications pour le droit d’auteur dans le monde de l’art
Le jugement ne concerne pas seulement Koons et Hayden. Il pose une question plus large : jusqu’à quel point la notoriété d’une œuvre peut-elle éroder les droits de ceux qui prétendent en avoir subi un usage non autorisé ?
Le cas démontre qu’attendre — même de bonne foi — peut être fatal sur le plan légal, surtout lorsque l’œuvre contestée a eu une diffusion publique énorme et documentable. Pour les artistes et les designers qui travaillent dans l’industrie créative, le message est que surveiller l’utilisation de ses œuvres et agir rapidement n’est pas seulement une bonne pratique : cela peut être la seule voie possible en justice.
L’avocat de Koons a refusé tout commentaire. Les représentants de Hayden n’ont pas répondu aux demandes de déclaration.
Avec la confirmation du rejet en appel, le litige légal est à considérer comme clos. Ce qui reste ouvert, c’est le débat sur la façon dont le droit d’auteur s’applique aux œuvres d’art à haute visibilité — un terrain sur lequel le système juridique américain continue de tracer des frontières loin d’être définitives.
FAQ
Sur quoi reposait la revendication de droit d’auteur de Michael Hayden contre Jeff Koons ?
Hayden accusait Koons d’avoir utilisé sans permission sa sculpture de 1988 — représentant un serpent enroulé autour d’un rocher — dans trois œuvres de la série Made in Heaven, réalisées entre 1989 et 1990, sans jamais lui demander l’autorisation, le créditer ou lui verser une licence.
Pourquoi le tribunal a-t-il rejeté la poursuite de Hayden contre Jeff Koons ?
Le tribunal a établi que Hayden avait attendu trop longtemps avant d’intenter une action en justice. La série Made in Heaven avait reçu une énorme couverture médiatique internationale dès 1990, et la cour a estimé qu’un titulaire de droit d’auteur diligent aurait dû découvrir la violation présumée bien plus tôt.
Qu’est-ce que la règle de découverte citée dans le jugement ?
La règle de découverte est un principe juridique qui fait courir le délai de prescription à partir du moment où la violation est découverte, et non à partir de quand elle se produit. Cependant, la cour a précisé que cette règle ne permet pas aux plaignants d’ignorer des décennies de couverture médiatique publique et ensuite d’agir en justice trente ans plus tard.
Ce jugement clôt-il définitivement le litige légal entre Hayden et Koons ?
Oui. La confirmation par la cour d’appel du rejet de la poursuite clôt définitivement la controverse légale qui a duré des années entre les deux.
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Experte en marketing digital, Amelia a commencé à travailler dans le secteur de la fintech en 2014 après avoir écrit sa thèse sur la technologie Bitcoin. Auparavant, elle a été auteure pour plusieurs magazines internationaux liés aux cryptomonnaies et CMO chez Eidoo. Elle est aujourd’hui cofondatrice et rédactrice en chef de The Cryptonomist et d’Econique.


