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Le dixième anniversaire de Photo London

Pour la dixième année de la foire londonienne dédiée à la photographie, le lieu de la Somerset House a été confirmé. Photo London s’est tenue du 15 au 18 mai 2025. Les fondateurs de Photo London, Michael Benson et Fariba Farshad, travaillent pour transformer la ville britannique en un centre global pour le medium photographique.

Cette année, l’accent est mis sur un focus dédié à la ville « London Lives », sur le retour de la section Discovery pour les galeries émergentes et sur l’expansion de la section Positions pour les photographes sous-représentés, promus par des collectionneurs et des mécènes.

On ajoute, en outre, une petite section réservée aux éditeurs indépendants – justement dans les mêmes jours à la Tate Modern s’est tenue Offprint London, toujours 10 bougies -. Un programme de Talks, organisé par la maison d’édition Thames & Hudson, n’a pas manqué.

Parmi les prix, on distingue le Nikon Emerging Photographer of the Year et le Hahnemühle Student Award.

Sophie Parker, Directrice, crédits Matthew Benson

Notre sélection : le focus London Lives

Nadav Kander

Voici, comme pour les fiere dont nous vous avons parlé précédemment, notre sélection des œuvres et des sections de la foire. Commençons par le focus spécial London Lives qui présente 30 artistes confirmés – comme James Barnor, Christian Marclay, Jermaine Francis, Ewen Spencer – qui, dans leurs clichés, racontent Londres.

Ewen Spencer, De la série UKG, Speed Garage, Twice as Nice, The End, 1999

Nadav Kander, célèbre photographe né à Tel Aviv, ayant déménagé pendant son enfance à Johannesburg (Afrique du Sud) et maintenant installé à Londres, présente des portraits de personnes anonymes. Photographiées telles qu’elles sont et comme elles veulent apparaître devant l’objectif. Ce sont les seules photographies gratuites à la foire : elles peuvent être détachées du bloc de papier et emportées chez soi.

Karen Knorr – célèbre photographe germano-américaine qui vit dans la capitale britannique, représentée également par la galerie italienne Materia Gallery -, restitue à travers son regard esthétisant ce que signifie être riche à Londres.

Nick Turpin, On The Night Bus #29
Nick Turpin, On The Night Bus #29

Nick Turpin, photographe de rue reconnu, immortalise les navetteurs qui rentrent chez eux en banlieue depuis le quartier financier londonien. Grâce aux objectifs longs, il offre un portrait intime et non posé. Les visages d’inconnus sont flous derrière le filtre du verre humide et embué des bus typiques à deux étages.

La section Discovery de Photo London : Helphoto, Bright Gallery, Serchia

Dans la section Discovery, 21 galeries représentant des artistes émergents sont proposées. Certaines sont des new entries de cette année comme la New Discretions (NYC) et Helphoto (Helsinki) avec des artistes émergentes provenant du Danemark, de la Suède et de l’Estonie – Florence Montmare, Angelika Kollin et Tine Bek. Nous remarquons le fashion photographer Omi Emile Rosengart (une photo $260, deux $500) dans le stand de Bright Gallery. Rosengart encourage les spectateurs à « voir le merveilleux dans son état modeste » avec des portraits rapprochés mais aussi « derrière les coulisses » qui dévoilent son processus créatif.

Omri Emile Rosengart, Julia. Courtoisie de l’artiste et Bright Gallery

Serchia Gallery (Bristol) propose des photos en noir et blanc de Pia Paulina Guilmoth et les mystérieuses évanescences de Amak Mahmoodian.

Pia Paulina Guilmoth

Découverte : Maison des Bandits, Victoria Law, Galerie Kairos, Studios Palm

Se distingue surtout le projet “House of Bandits” de Sarabande Foundation. Il unit l’art, la mode et le design des bijoux avec les clichés de Paloma Tendero (4.200 livres pour deux tirages).

House of Bandits, Paloma Tendero, photo de la foire, Giorgia Basili

Ils capturent les clichés de Hannah Norton, documentariste qui travaille avec les communautés de base sous-représentées de Tottenham (nord de Londres). Girlhood 2025 est en vente à 468 livres sans cadre (588 avec).

Hannah Norton, photo de la foire, Giorgia Basili

Lucía Pizzani pour Victoria Law Projects présente Of Roots & Vessels. Elle met poétiquement en contraste le corps féminin avec la nature et les vases en terre cuite.

Lucia Pizzani, Acorazadas Guerrera, 2020. Collage photographique avec impression à l’encre pigmentaire sur papier de coton.

Encore, on remarque l’élégance du stand de Kairos Gallery (Istanbul) et la sélection de Palm Studios.

Molly Matalon, When a Man Loves a Woman, 2020. 600x 400cm. Palm Studios

Il ne manque pas de photographies qui prennent position politique et sociale en ce moment de fragilité et de conflits. Vivienne Maricevic documente la communauté trans de Times Square, entre la fin des années ’80 et le début des années ’90. La série produite l’année dernière par Jesse Glazzard en Ukraine, avec le soutien de The Face, est porte-parole d’une réalité dont on ne parle pas : les soldats queer.

Jesse Glazzard, Pavlo, 2024

« Positions », la deuxième année à Photo London

Un nouveau format qui se répète pour la deuxième année est Positions. Il veut être une plateforme qui met en lumière des artistes peu représentés, grâce à des « patrons ». Neuf artistes ont été sélectionnés. Souvenir, politique et histoire semblent se refléter dans les portraits et les paysages de Mieke Douglas pris en Albanie. Les protagonistes sont les habitants de Bajram Curri qui sont restés malgré la profonde pauvreté et le chômage (40% en Albanie). Adam Rouhana nous restitue, quant à lui, des moments précieux d’une Palestine « libre » et contemporaine.
Bibi Manavi, Iranienne-Française, coud ensemble photographie, sculpture et textile.
La Grecque Aikaterini Gegisian, photographe et chercheuse qui propose une relecture féministe, transformant des femmes anonymes en divinités.

Positions, vue de l’installation, Photo : Graham Carlow. À droite Karim El Hayawan

L’Égyptien Karim El Hayawan observe la vanité du star system, comme des icônes cinématographiques sont réduites à de petits memorabilia à dénicher dans n’importe quel marché aux puces.
L’Iranien Babak Kazemi photographie des tapis superposés : ceux donnés aux mosquées pour prier. Roberto Conde capture la forêt espagnole tandis que Kalpesh Lathigra parle d’identité, de résilience et de transformisme à l’époque de la diaspora.
Ippolita Paolucci – soutenue par la galerie vénitienne Marina Bastianello – se définit comme portraitiste de paysages. Elle met en contraste modernité et tradition, présentant des lieux importants pour l’histoire comme le Centre du génocide au Rwanda ou la périphérie romaine, chère à Pasolini.

Dans la section principale, Guerin Projects

Robin Hunter Blake, A Common Prayer II 2025, Pièce Unique, Expérimentation Stroboscopique 70 x 70cm, Gélatine Argentique sur Aluminium, GBP 9,100 + GBP 200 pour le cadre

Dans la section principale, nous rencontrons Guerin Projects. Fondée par Marie-Claudine Llamas (née en 1994), commissaire d’exposition indépendante française basée à Londres, Guerin Projects représente des artistes contemporains dont les pratiques naissent d’une technique et d’une formation classique. Le stand est dédié au travail de Robin Hunter Blake, photographe et réalisateur britanno-américain basé à Londres. Son travail s’inscrit dans le sillage tracé par Eadweard Muybridge (1830-1904), avec sa déconstruction du mouvement, et des artistes modernes comme Edgar Degas et Auguste Rodin. Dans la série “Feast”, il expérimente avec la lumière, l’ombre et le mouvement mais aussi avec les corps. Le travail parle de l’Amour comme force d’attraction et de répulsion, des mécanismes émotionnels caressants mais aussi violents. Il utilise, en effet, le sport de la boxe, la danse sur le ring, comme métaphore et caisse de résonance de la relation théâtrale-agonistique de l’amour.

Les six saisons d’Emily Allchurch

Les Six Saisons, Automne (d’après_Bruegel)

Les six saisons, œuvre que Emily Allchurch a exposée dans le stand GBS Fine Arts dans le Pavillon central situé dans la cour de la Somerset. Elle est inspirée par la série de six peintures qui suivaient l’année solaire dans le nord de l’Europe, commandées en 1565 à Bruegel l’Ancien par le marchand d’Anvers Nicolas Jongelinck. Allchurch crée des assemblages de milliers de photographies prises dans le paysage anglais. Par exemple, pour « L’hiver » les images sont une composition des campagnes du South Downs et de l’East Sussex; pour « Le début du Printemps » dans le North Devon et ainsi de suite.
www.emilyallchurch.com

La galerie Albumen à Photo London : Kristoffer Axén et Alireza Movahedi

Le stand d’Albumen présente une exposition sur les « paysages psychologiques ».

Le peintre et photographe suédois Kristoffer Axén propose « Silent Vistas », sa dernière série de photographies. Photographies nettes, visions mélancoliques qui entrouvrent des fenêtres de méditation.

Gloaming Realm, Édition de 12 60 x 42,5 cm Tirage aux pigments d’archives £ 1.200

Le photographe iranien Alireza Movahedi, soutenu par la galerie Albumen, explore le concept du vide et son impact sur la psyché humaine. Ce n’est pas un hasard si ses photographies portent des noms de concepts abstraits comme « Illusion », « Domination », « Éclat », « Creuset », « Bouclier », « Marginalisé », « Ventre », « Grincement ». Nous sommes enchantés, dans une stase contemplative à la Sturm und Drang, immergés dans des paysages arides, où se découpent à l’horizon des figures isolées. Movahedi est pictural et en même temps minimaliste, éliminant les éléments superflus dans une musique lyrique qui vibre en profondeur. Les longues expositions offrent des flous et des atmosphères veloutées par la palette douce, dans une température morphinique et onirique.

Illusion, Édition unique 50cmx50cm, Impression à pigments d’archive £ 3.400

[email protected]

Fondation H et le livre photographique de François-Xavier Gbré sur Madagascar

Fondation H est une organisation d’art contemporain à but non lucratif malgache, qui a également un siège à Paris. L’objectif du fondateur, l’entrepreneur et mécène Hassanein Hiridjee, est de soutenir la scène artistique de l’océan Indien. Elle participe avec le projet Lova [Héritage], livre photographique en édition limitée. À l’intérieur du volume, les clichés de François-Xavier Gbré, artiste franco-ivoirien né en 1978 à Lille. Le projet a commencé avec la première résidence de François-Xavier Gbré à Antananarivo, capitale de Madagascar. Le résultat est une exploration de la ville à travers la narration de 100 photographies prises de 2022 à 2024. La ville des douze collines présente des traces de l’héritage colonial. Le paysage urbain subit des transformations, se remodèle, et pourtant dans les images du photographe, couleurs et vie jaillissent de chaque coin architectural, captivant notre regard.

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